« A Dalem, on ne construit pas une notoriété précipitée » Brigitte Rullier
Avec 2005, le Château Dalem est récompensé de ses efforts qualitatifs constants qui ne concèdent aucune place au hasard.
Ce Fronsac est conduit depuis 2003 par Brigitte Rullier-Loussert
Le château Dalem est une propriété solidement ancrée dans le Fronsadais depuis des siècles (le vignoble remonte à 1610). Inscrit comme l’un des domaines les plus
réputés de l’appellation et de la Rive Droite, devant les appellations Pomerol et Saint-million – avant que l’histoire du commerce des vins n’en décide autrement à la fin du 19ème siècle – Dalem
n’en déroge pas à la règle pour autant même aujourd’hui.
Sur une terre à forte promesse
Sous l’impulsion du charismatique Michel Rullier, la propriété entame, dès 1955, une restructuration progressive du vignoble dans le but de mettre en totale
adéquation cépages (essentiellement Merlot) et particularités pédologiques, en tirant ainsi pleinement profit des capacités des parcelles. Le terroir est bien là et ne demande qu’à être à nouveau
réveillé – si tant est qu’il ait été un jour endormi - ou du moins, bichonné avec soin pour produire des vins alliant amplitude (l’argile y est généreuse), générosité fruitée et tramé tannique
velouté (le calcaire affine à merveille). Car c’est bien là l’un des principaux traits des vins signés Rullier : une faconde légendaire – jamais dans l’excès – associée aux expressions
singulières minérales et épicées d’une terre viticole ouverte au « tout possible » qualitatif. Qu’on se le dise – si toutefois il fallait encore s’en convaincre – Fronsac demeure plus que jamais
un « grenier », sinon un vivier à talents bien réels. Le gendre d’appellation où l’expérimental et le créatif vont bon train chez ces vignerons qui y ont élu domicile.
Une reconnaissance acquise avec patience
Pour Dalem, la politique qualitative et de remise en question perpétuelle finissent par payer, faisant progressivement de ce château, l’une des valeurs sûres de
Fronsac. Car chez les Rullier (père et fille), on aime prendre le temps d’analyser et de décider avec sagesse. Pour Brigitte Rullier-Loussert – fille de Michel Rullier actuellement à la tête de
la propriété depuis 2003 – « une notoriété comme celle dont bénéficie probablement Dalem ne se construit pas en un éclair. Etre aujourd’hui retenue – après tous ces millésimes vinifiés - par un
magazine comme Le POINT le prouve ». Et de poursuivre « Notre patience et nos efforts d’implantation finissent par porter leurs fruits alors que d’autres propriétés peinent parfois à percer faute
de marchés consolidés ». En la matière, chez les Rullier, l’humilité est de mise et bien réelle pour reconnaître, non sans une certaine gêne, que la crise en décourage plus d’un et relègue
certains vins dans un anonymat des plus cruels. Si Dalem a la chance de bénéficier de la Place de Bordeaux – via le puissant négoce bordelais – il n’en demeure pas moins attentif à pouvoir
participer activement et en direct, au développement de certains marchés : la France est une constante préoccupation en terme d’implantation.
A Dalem, on est réjouit de voir qu’on n’oublie pas ce marché et que les consommateurs français n’ont pas été pris en otage au niveau de leur portefeuille :
une politique qu’ont oubliée malheureusement ténors et stars du vignoble girondin.
Le saviez-vous ?